hypnose

L’hypnose : une chasse gardée des médecins ?

L’hypnose fait partie de ces moyens non pharmacologiques de soulager la douleur qui suscitent de plus en plus d’intérêt des infirmières libérales qui en constatent l’efficacité. Mais voilà que de façon totalement arbitraire, l’agence nationale du DPC ne prendra plus en charge les formations hypnose aux IDEL, sauf si ces dernières sont prodiguées dans un cadre pluridisciplinaire sous responsabilité médicale. La FNI ne laissera pas faire.
Jusqu’à présent, l’hypnose était proposée en formation aux infirmières libérales comme technique non médicamenteuse dans le soulagement de la douleur. Cette pratique est aujourd’hui largement reconnue pour améliorer le confort et le bien-être du patient mais aussi pour prévenir ou soulager les douleurs induites par les soins. Alors qu’il s’inscrit pleinement dans le rôle autonome infirmier, cet outil amène le patient à être davantage acteur de ses soins et de sa situation, d’où un succès grandissant auprès des IDEL.

Le 22 mars, coup de tonnerre. Par lettre recommandée, et sans qu’aucune modification réglementaire ne soit intervenue, l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) impose à l’Agence pour la formation continue des professionnels infirmiers libéraux (Afcopil) de retirer de son calendrier 2017 toutes ses formations hypnose. L’injonction est à effet immédiat. La formation intitulée « Relation d’aide thérapeutique, douleur et hypnose » est rayée du catalogue des formations prises en charge par l’ANDPC. Pour quel motif ? Selon les travaux de la direction générale de la santé et de l’INSERM, ce programme ne pourrait être proposé à un public d’infirmiers car l’hypnose est un acte médical réservé aux professions médicales. La menace est donc claire : enseigner l’hypnose à des IDEL, c’est faire un exercice illégal de la médecine !

La FNI réagit immédiatement en adressant à l’ANDPC le 31 mars un courrier largement étayé visant à demander un recours gracieux pour poursuivre ces formations. Non seulement l’ANDPC ne dit pas clairement à quelles publications scientifiques elle se réfère mais elle passe outre le fait que de nombreuses universités proposent actuellement des diplômes universitaires en direction des infirmières. Se pourrait-il que ces universités forment des infirmières à la pratique illégale de la médecine ? De plus, aucun texte réglementaire n’interdit la pratique de l’hypnose aux infirmiers. Seules les indications de cette pratique sont limitées et le traitement de la douleur fait bien partie de celles qui sont reconnues. Enfin, le centre national de ressources de lutte contre la douleur (CNRD) documente les bienfaits d’une pratique infirmière de l’hypnose.

Pourtant, dans sa réponse du 10 avril, l’Agence nationale du DPC persiste dans ses contradictions. Elle dit en même temps que l’hypnose est considérée comme une technique de soins non conventionnelle et que l’enseignement exposerait les IDEL à un exercice illégal de la médecine !
Au nom de quelle légitimité l’ANDPC se permet-elle de décider arbitrairement que, désormais, seuls les médecins peuvent la pratiquer ? En l’absence de publication de la Haute autorité de santé, on peut s’interroger sur les réelles motivations à capter l’hypnose dans le giron médical. Parce que cela prive les patients et les infirmières d’un outil efficace pour soulager la douleur, la FNI ne compte pas en rester là. Elle entend porter l’affaire devant le tribunal administratif.
Elle envisage de s’adjoindre le renfort d’autres organismes de formation qui font les mêmes constats afin de s’unir pour faire cause commune.

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