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Injuste la facturation dégressive est-elle une fatalité ? La FNI ouvre le débat

Un mécanisme de modulation dégressive des tarifs est appliqué lorsqu’un professionnel de santé cumule plusieurs actes au cours d’une même séance. Ce dispositif qui concerne aussi les infirmières libérales vient de montrer ses limites dans le chiffrage des vaccins administrés par les IDEL.

Le plus souvent les injections de vaccins, qui ne sont déjà difficilement repérables, dans le sens où elles ne font pas l’objet d’une cotation spécifique, sont effectuées à l’occasion d’un autre soin et ne sont pas facturées donc pas tracées. Si bien que la vaccination par les infirmières est aspirée dans un « trou noir » statistique ouvrant une brèche aux pharmaciens qui eux, disposent du nombre exact de doses de vaccins délivrés. Or, lorsque les Pouvoirs publics rapprochent les chiffres des vaccins injectés par les IDEL de ceux distribués par les officines, il y a un écart dans lesquels les pharmaciens ont sauté à pieds joints pour s’emparer de la vaccination et, du même coup, d’une compétence infirmière. Les IDEL savent bien que les patients ne vont pas chercher les vaccins à la pharmacie pour le plaisir, ensuite, les jeter à la poubelle une fois de retour à leur domicile, et encore moins en faire des éléments de leur décoration intérieure. Mais comment le prouver ?

La Fédération nationale des infirmiers (FNI) considère que la réponse se trouve dans la cotation. D’une part, il est primordial d’assurer une traçabilité à la totalité de l’activité des IDEL, afin que nul ne puisse en contester la réalité. D’autre part, la FNI souhaite qu’un débat doit s’ouvrir sur la dégressivité de la facturation des actes. En effet, si demain, les pharmaciens obtiennent la généralisation de l’expérimentation en cours à toutes les officines, ils ne le feront pas gratuitement. Dans ce contexte, il n’y a aune raison que les infirmières le fassent et encore moins à prix cassé ! Et si l’on voit plus loin, ce combat sera la mère des batailles. Car, il y a fort à parier qu’une fois les personnels des officines formés à l’injection vaccinale, ils voudront partir à la conquête d’autres actes au détriment des IDEL (prises de sang notamment…).

La profession doit se préparer à résister et cela commence par une modernisation de la cotation que la FNI défendra dans le cadre des prochaines négociations conventionnelles.

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