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Campagne vaccinale : l’Ordre des Infirmiers se trompe de cible !

Avec l’expérimentation de la vaccination par les pharmaciens le corps infirmier vient de perdre l’exclusivité historique qu’il détenait sur ses actes. Tous ceux qui comme la FNI ont milité pour la création d’un ordre moderne oscillent aujourd’hui entre déception et consternation.

Déception en regard de l’impuissance de notre ordre qui n’a pas réussi à faire barrage à l’ordre des pharmaciens ayant obtenu du législateur cette expérimentation vaccinale en officine sur la base d’une manipulation grossière des chiffres ( http://actualites-online.com/vaccin- antigrippe-lordre-
pharmaciens-a- enfume-deputes/ ).

Consternation, lorsque l’ordre s’attaque aussi insidieusement que paradoxalement à la liberté d’expression des infirmiers libéraux, surtout lorsque ces derniers s’expriment publiquement pour promouvoir la vaccination par les infirmiers dans le contexte décrit plus haut.

L’histoire s’écrit en Bretagne lorsque Claude FEILLANT, Vice-Président de la FNI 29 et représentant de notre syndicat auprès de la Commission Paritaire Départementale du Finistère, a proposé à cette dernière d’impliquer d’avantage d’infirmiers libéraux lors de la campagne de vaccination anti-
grippale à venir. Pour ce faire, Monsieur FEILLANT a adressé un courrier circulaire à l’ensemble des infirmiers libéraux de son département afin de les inviter, dans la mesure du possible, à s’impliquer lors de cette campagne de vaccination. Ce même courrier annonçait que la CPAM l’avait convié à
participer à une émission de télévision sur la chaîne de télévision Tebeo BZH, avec Madame Gozeau, Directrice Adjointe CPAM afin de promouvoir la campagne de vaccination :
http://www.tebeo.bzh/replay/128-parlons-sante-la-grippe/10065433

A la suite de l’envoi de son courrier circulaire, notre confrère a eu la surprise de recevoir un mail daté du 18 octobre 2017 de Monsieur Edern Perennoù, élu récemment à la présidence du Conseil interdépartemental de l’ordre des infirmiers du Finistère et du Morbihan, lui rappelant au passage que le code de déontologie ne lui permettrait pas de parler au nom de notre profession… avec copie à la CPAM, la bonne blague !

La FNI conteste fermement la teneur de courrier ordinal laissant présumer qu’il convient de solliciter l’autorisation de l’Ordre des infirmiers pour s’exprimer publiquement en qualité d’infirmier. En effet, aucune disposition du Code de déontologie ne prévoit l’interdiction à un infirmier de parler au nom de la profession surtout lorsque ce dernier est titulaire d’un mandat syndical et membre de la Commission Paritaire Départementale des Infirmiers comme c’est le cas en l’espèce.

Parce que la teneur du mail du Président interdépartemental de l’ordre des infirmiers est une atteinte grave à la liberté d’expression syndicale qui ne saurait souffrir d’aucune autorisation préalable, la FNI fait le choix du formalisme d’une lettre d’avocat pour interpeller le Président de l’ONI (lien vers la lettre) afin de condamner ce qui s’apparente à un abus de pouvoir.

La FNI rappelle à Didier Borniche, qu’actuellement la couverture vaccinale marque le pas dans notre pays et que pour y remédier le gouvernement procède à une expérimentation afin que la vaccination se déroule en officine au détriment des infirmiers. Elle trouve consternant qu’un représentant de
l’Ordre des infirmiers soit plus préoccupé par la défense d’un prétendu monopole de représentation que par la promotion des initiatives démontrant que les infirmiers sont les acteurs principaux de la politique de vaccination.

La FNI demande à l’ONI de clarifier rapidement sa position et de lui indiquer s’il cautionne les propos de son Président interdépartemental du Finistère et du Morbihan ou si il les condamne.

Alors que la profession devrait impérativement s’unir il est regrettable d’observer qu’à peine élus, certains conseillers ordinaux mettent toute leur énergie à reproduire de façon aussi caricaturale des postures ordinales héritées des ordres anciens, au risque de renforcer les arguments de ceux qui idéologiquement sont opposés à l’existence même des ordres professionnels.

 

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